Biographie de Stephan Elmas

Stephan Elmas (à l’origine, Elmassian) est né à Smyrne en Turquie, en 1862, au sein d’une riche famille de commerçants arméniens.

Il commence à pratiquer la musique très jeune. Monsieur Moseer, considéré comme le meilleur pianiste de Smyrne, est son professeur et décele très vite ses aptitudes exceptionnelles. Il le prend en affection. Stephan Elmas ne se contente pas d’étudier : il a envie de composer et commençe à écrire de petites pièces pour piano.

L’ensemble de sa famille aurait plutôt souhaité le voir continuer l’activité commerciale traditionnelle. Mais l’enfant, encouragé par son professeur, demande avec insistance à se rendre en Europe pour y poursuivre ses études.

En juillet 1879, Stephan Elmas, alors âgé de 17 ans, se rend à Weimar pour solliciter une audience par le grand maître Franz Liszt. Cette rencontre sera décisive pour le jeune prodige : les encouragements de Franz Liszt le confortent dans sa vocation de musicien. Franz Liszt recommande alors au jeune Stephan Elmas de se rendre à Vienne pour travailler avec Anton Door, professeur de piano au Conservatoire, ainsi que Franz Kremm, maître de chapelle et professeur de composition.

Dès lors, Stephan Elmas consacre toute sa vie au piano. En dehors des heures d’étude, de pratique et de composition, il assiste à de nombreux concerts et rencontre les plus grand solistes de son temps. C’est ainsi qu’il découvre, en particulier, les opéras de Wagner et fait la rencontre d’Anton Rubinstein. Elmas lui dédiera plus tard son 1er concerto pour piano.

Peu à peu, Stephan Elmas dévoile l’étoffe d’un véritable compositeur. Ses premières esquisses musicales d’enfant sont devenues des valses, mazurkas, nocturnes, impromptus, berceuses… En 1881, il dédie ses six études à Franz Liszt et sa suite de poèmes à Victor Hugo, dont l’œuvre l’avait nourri à Smyrne.

Stephan Elmas était poète avant tout : ses premières œuvres sont des poèmes musicaux dont les titres sont la marque d’un contemplatif : Aubade, Complainte, Epilogue, Ballade, Elegie, Chanson, Idylle…

En 1886, Stephan Elmas rentre à Smyrne, sa ville natale. Entre temps, il a cessé de prendre des cours avec Anton Door et s’est rapproché de Franz Liszt dont il reçoit des conseils, plutôt que des leçons. Il a, en outre, fait publier ses premières œuvres chez l’éditeur viennois Wesler.

Stephan Elmas, malgré le succès rencontré lors d’un concert à Smyrne, estime que son retour au pays n’est qu’une étape et que sa place est désormais dans les grandes capitales d’Europe. Ainsi, le 25 février 1887, il se présente face au public averti de Vienne, lors d’un récital à la salle Bosendorfer.

Jusqu’en 1908, Stephan Elmas partage ses activités entre la composition de son œuvre, et une vie publique intense. Il fait fréquemment entendre ses créations dans les salons où il rencontre des personnages célèbres tels Anton Rubinstein, Massenet, le pianiste Risler, le Prince Lusignan … Il donne également de nombreux concerts dans les grandes villes d’Europe. Lors de ces concerts, Elmas interprète non seulement ses propres compositions, mais également celles de Chopin, Beethoven, Schumann etc.

Malgré ses nombreux concerts et voyages, il faut reconnaître que Stephan Elmas n’a pas participé pleinement au mouvement musical contemporain. Comme il le disait lui-même, il arrivait cinquante ans trop tard… Cela peut expliquer pourquoi, rapidement, il s’est enfermé dans une relative solitude… Pour Elmas, la musique n’était qu’un moyen d’exprimer les sentiments de son cœur ; il fut dérouté par la musique de Debussy et ignorera complètement celle de Stravinsky.

Dès 1897, Stephan Elmas commence à être atteint de surdité, suite à une fièvre typhoïde. Malgré des soins constants, cette infirmité va s’accentuer peu à peu.

Vers l’âge de cinquante ans, Elmas séjourne à Genève : il y rencontre Aimée Rapin, une jeune artiste peintre, dont il s’éprend rapidement.

Eté 1915 : les premières nouvelles relatives au génocide du peuple arménien par les turcs lui parviennent. Que dire ? Que faire ? Stephan Elmas est affolé, impuissant. Cet état le rend gravement malade, malgré le soutien d’Aimée Rapin. Toute cette période sera vécue dans une angoisse permanente, qui se trouve matérialisée dans les lettres qu’il écrit à ses amis.

1922 : Stephan Elmas, installé à Genève, apprend que Smyrne, sa ville natale, est en feu. Il n’y est pas retourné depuis 1913. Il apprend cependant que , par chance, sa famille est saine et sauve et qu’elle a réussi à se réfugier à Athènes. Il réussira, peu à peu, à faire venir les rescapés jusqu’en Suisse et à subvenir à leurs besoins.

De la période 1922-1936, on garde notamment trace d’une abondante correspondance avec un jeune journaliste, Hagop Krikor. Cette correspondance nous aide à mieux comprendre la pensée du compositeur.

Stephan Elmas s’éteint le 11 août 1937, à Genève. Il est enterré au cimetière de Plainpalais à Genève.

 
 
 
     
 
     
 

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